Vaccinnodrome – Une Stanoise au Stade de France

Depuis le 5 avril, les personnes éligibles peuvent venir se faire vacciner dans l’enceinte du Stade de France à Saint-Denis, transformé pour l’occasion. Stains Actu y était en compagnie d’Arlette, qui a sollicité le service de navette gratuite proposé par la ville. Reportage.

Vaccinnodrome - Une Stanoise au Stade de France - Ville de Stains

Alors que la ville de Stains a appris que son centre de vaccination ouvrira le 26 avril (voir ci-contre), le gouvernement a décidé de passer la vitesse supérieure dans sa stratégie vaccinale. Longtemps décriés et considérés comme inadaptés, les vaccinodromes ont pourtant fait leur apparition la semaine dernière.

En Île-de-France, c’est à Saint-Denis, au Stade de France que le premier méga centre a ouvert. Pour y obtenir un créneau, les mêmes critères sont appliqués, à savoir, l’ensemble des personnes de plus de 55 ans et non plus seulement celles souffrant de comorbidités, les professionnels de santé, les personnes de 50 à 54 ans souffrant d’une ou plusieurs comorbidités et les personnes
de 18 à 74 ans présentant un très haut risque de développer une forme grave de la Covid-19. Cette dernière catégorie de patients doit disposer d’une prescription médicale.

S’ARMER DE PATIENCE

Aux abords du stade, les personnes ayant obtenu un rendez-vous sont accueillies par des agents de la ville de Saint-Denis, gilet vert sur le dos.

Vaccinnodrome - Une Stanoise au Stade de France - 2 - Ville de Stains

À l’entrée de la Porte E, une longue file d’attente est déjà formée lorsqu’Arlette Dantan glisse sa fine silhouette hors du véhicule. Une colonne de militaires, armes au poing, patrouillent le long des accès, tandis que nous nous dirigeons vers l’entrée. Passés les portiques de sécurité, des bénévoles de la Croix-Rouge nous orientent vers la file des personnes prioritaires, titulaires d’une carte d’invalidité.

Arrivés à l’endroit prévu, une sorte de zone de transit coincée entre deux salons d’habitude réservés à des séminaires, nous patientons en compagnie d’une trentaine de personnes. « C’est le grand bazar ! », s’exclame Arlette devant l’agitation causée par les nombreuses
allées et venues malgré l’espace exigu. Devant la porte de la salle réservée à la vaccination, une jeune femme appelle les candidats par leur numéro. « Numéro 101 ! ». Arlette se lève et part s’enregistrer dans l’autre salle. Un infirmier passe entre les rangs s’assurer du bon fonctionnement et répondre aux différentes interrogations. Arlette patiente à nouveau.

QUELLE STRATÉGIE ?

Alors que l’objectif affiché de 10 000 vaccinés par semaine devrait être tenu, avant une montée en puissance, quelle incidence ce vaccinodrome aura-t-il sur la livraison de doses pour les autres centres en Seine-Saint-Denis ? Le centre de Pierrefitte étant en sursis, plusieurs
élus locaux ont alerté dans les colonnes de Mediapart sur les doses disponibles, s’amenuisant de semaine en semaine. Au profit du vaccinodrome ? Ce serait là un virage complet sur la politique jusqu’alors en vigueur qui priorise la vaccination de proximité. Après plus d’une heure de retard sur l’horaire prévu, Arlette reçoit enfin sa première dose, du vaccin Moderna. La suivante sera à effectuer le 4 mai prochain.

Alors que nous nous dirigeons vers la sortie, nous sommes interpellés par une infirmière, qui en avait visiblement gros sur la patate : « Je suis étudiante infirmière en deuxième année et je travaille 12 heures par jour sur le site. Nous ne sommes pas rémunérés et en plus on doit faire de l’encadrement, orienter les patients et former les sapeurs-pompiers. Hier, mon équipe a vacciné 3 000 personnes. Macron nous avait promis une prime exceptionnelle en mars, nous l’attendons toujours. On a joué le jeu lors de la première vague mais là ce n’est plus
possible. Je vis la même condition que les étudiants et la même vie que les soignants »..

• M.B

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