Maisons jardins

Comment est né le projet « Maisons jardins » ?

De la rencontre entre deux artistes, Camilla GOTTA (chorégraphe) et Gwénaëlle PLEDRAN (photographe-plasticienne) avec la cité-jardin de Stains et ses habitants.

Elles l’ont découverte grâce à une action menée en 2007-2008 avec l’association dont elles font partie, Image et Création, qui avait donné lieu à une exposition de photographies intitulée « Maison témoin », dans un pavillon de la cité-jardin.

En 2009, le projet « Maisons jardins » s’est monté afin de poursuivre le travail engagé sur l’image et la représentation de ce patrimoine. Gwénaëlle PLEDRAN et Camilla GOTTA nous ont proposé de s’attacher au rapport entre l’intérieur et l’extérieur, les habitations, les façons d’habiter, les liens et cheminements avec le jardin, les cœurs d’îlots…

Ce travail a pris la forme d’ateliers réalisés avec des enfants d’un centre de loisir de Stains. Toute la matière créée au cours de ces ateliers a servi aux artistes pour la réalisation finale d’une installation artistique et d’un parcours chorégraphique dans un cœur d’îlot de la cité-jardin. Cette restitution a été programmée dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, les samedi 19 et dimanche 20 septembre 2009.

Connaissez-vous les cœurs d’îlots ? Ces espaces de verdure insoupçonnés et invisibles de la rue ? Ces terrains qui perdent peu à peu leurs usages et attendent, réappropriés par la végétation et certains habitants, les futurs projets d’aménagement ?
Camilla GOTTA et Gwénaëlle PLEDRAN les ont découvert au fil du projet et on voulu les donner à voir.

Avant que ça commence … / La préparation

Camilla GOTTA et Gwénaëlle PLEDRAN ont à plusieurs reprises arpenté les rues, avenues, venelles de la cité-jardin. Elles ont rencontré. Elles ont épluché les archives, les photos, les plans en vue de la création.

Elles sont même venues à plusieurs rencontres avec les habitants, les partenaires, et notamment lors d’un comité de quartier, afin d’expliquer et de construire le projet. Il ne pouvait exister s’il ne récoltait pas l’adhésion des piliers du quartier.

La restitution du projet se dessinait déjà : ce serait une installation de « cabanes » dans un cœur d’îlot avec un parcours chorégraphique autour, dedans…

Mais pour ce faire, le cœur d’îlot repéré, il y avait nécessité de le nettoyer.

Nous avons fait appel aux forces vives du quartier, comité des mamans, jeunes, Amicale des locataires, ainsi qu’aux services et structures travaillant sur le quartier, et bien sûr accompagné par le bailleur, l’Oph 93. Ca a pris la forme d’une après-midi de nettoyage. Dans une ambiance conviviale, pique-nique et goûter, sensibilisation au tri sélectif et surtout transformation de l’espace.

Retours sur le projet / les ateliers

En juillet 2009, Camilla GOTTA et Gwénaëlle PLEDRAN rencontrent des enfants de Stains, dans le cadre du centre de loisir, pour les faire dessiner et danser. Ces ateliers ont eu lieu in-situ. Soit dans un pavillon vide de la cité-jardin, soit dans un cœur d’îlot.

1er atelier : Dessine la maison de tes rêves.

Dessine-la sur du papier et dessine-la avec ton corps. Comment trouver la forme de sa maison et la représenter ? Quelles relations avons-nous entre le corps et l’habitation ? Et quelles actions faisons-nous dans cette maison ?

Toutes ces questions ont été expérimentées lors de la 1ère séance.

Visite de la cité-jardin : à vos carnets !

Maintenant, découverte de la cité-jardin, de son histoire, de ses moindres recoins, grâce à une visite commentée.

Et pour continuer dans la représentation, chaque enfant, son carnet à la main, devait réaliser des croquis de la cité-jardin au cours de la visite : maisons, cabanons, balcons, arbres, avenues, panneaux, fenêtres, détails, matières… Et ce, sans rien effacer. Les erreurs ou ce que l’on prendre pour telles font partie du processus.

 

2ème atelier : De la maison à la ville – habiter ensembles

Lors de cet atelier, ils ont cherché, à dessiner puis construire une ville, par ajouts successifs. Construire des cabanes éphémères avec des cartons. Constructions pour le corps, autour des corps. Construire avec les corps. Agencer les uns avec les autres.

Comment on entre ? Comment on bouge, dedans, autour ? Comment on vit dans et avec ces constructions ?

Et toujours des dessins, des photos, des collages pour garder traces du projet.

3ème atelier : Parcours ou comment je me déplace ?

Comment je me déplace dans ma maison ? Dans la ville ?

A partir de plans de la cité-jardin, ils ont créés des parcours. Les ont dessinés sur les plans ; puis reproduits sur des feuilles blanches ; sur différents formats, du post-it au A0.

Il y a différentes façons d’aller d’un point à un autre. Ils ont donc refait leur parcours dessiné en mouvement, réagissant aux variations de niveaux, de vitesse, aux sens de lecture ; intégrant dans l’espace les notions de format.

Retours sur le projet / la création

Plus de 200 dessins ont été réalisés, une vingtaine de carnets contiennent des croquis de la balade, une multitude de photos, de vidéos… Toute cette matière dont se sont emparés les artistes pour la création à présenter lors des journées du patrimoine.

Quelques interventions de différents services pour parfaire la présentation du cœur d’îlot, débroussaillage, apport de terre. Et Gwénaëlle accompagné de bénévoles impliqués ont pu construire, bricoler, installer les éléments « cabanes » dans le cœur d’îlot ; et les danseuses autour de Camilla, répéter dans l’espace.

Jusqu’au dernier moment les petites retouches. Mais tout est prêt pour les premiers spectateurs, des habitants du quartier, intrigués par ce projet, cette proposition, et ce lieu.

L’installation en cœur d’îlot est complétée par une exposition dans le pavillon témoin des dessins des enfants et photos prises lors des ateliers de l’été. Présentons la démarche dans son intégralité. Et réinvestissons la cité-jardin.

« Maisons jardins » / Samedi 19 et dimanche 20 septembre 2009

La restitution finale s’intitule ainsi. Mais l’âme de la cabane est encore présente.

Sur un week-end bien ensoleillé ce sont près de 150 personnes qui sont venues parcourir l’installation artistique et rencontrer les danseuses dans leurs cabanes. Se sont mêlés des jeunes, des anciens, des habitués de la cité-jardin, des habitants qui ne connaissaient pas l’existence des cœurs d’îlots, et du public venant de l’extérieur pour découvrir cette cité-jardin et cette proposition artistique particulière, à l’image de la particularité du quartier.

Avec des temps d’échange, de convivialité en fin de séance, autour d’un pot, d’un goûter, pour échanger avec les artistes, les habitants, pour comprendre ou réinventer.

Voir aussi

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