Vie Locale – Fibre : une réunion sous haute tension

Accompagné du maire et de plusieurs élus, un représentant de l’opérateur SFR est venu s’expliquer auprès des habitants excédés par plusieurs mois de pannes.

Vie Locale - Fibre : une réunion sous haute tension - Ville de Stains

© Dragan Lekic

Inutile de préciser à quel point cette réunion était attendue. Il suffit d’observer l’affluence, près d’une centaine de personne – à la Maison
des associations, pour s’en rendre compte. Et le moins que l’on puisse dire après plusieurs heures d’échanges parfois houleux, c’est que la situation n’a guère évolué. Au grand dam des habitants qui espéraient une issue heureuse : « Il est venu nous expliquer pourquoi cela ne fonctionne pas, mais on le sait mieux que lui.

Cela fait des mois et des mois que nous subissons cette situation », se désole une participante. La personne incriminée n’est autre que le délégué régional de l’opérateur XP Fibre, filiale de SFR, Jean-Claude Brier qui aura été à plusieurs reprises la cible d’invectives de la part des participants.

« ON EST CAPABLE D’ALLER SUR LA LUNE MAIS PAS DE SÉCURISER UNE ARMOIRE ? »

Le maire Azzédine Taïbi, après avoir introduit la réunion et présenté l’interlocuteur, a tenu à rappeler les responsabilités de chacun : « J’ai pris l’initiative d’organiser cette rencontre bien que ce ne soit pas une compétence qui relève de la commune, a-t-il précisé. Mais face à la colère et l’incompréhension générée par la situation actuelle, il fallait réagir. »

Et de poursuivre sur les actions menées ces derniers mois par ses services : « Nous avons eu l’occasion d’échanger à plusieurs reprises avec l’opérateur afin notamment de cartographier les “points noirs“ en ville et intervenir sur les armoires défectueuses », remises en état dans leur quasi totalité, selon M. Brier. Après s’être déclaré candidat pour « toute expérimentation visant à sécuriser davantage ces armoires » l’édile a passé la parole au représentant de SFR.

Ce dernier s’est lancé dans une longue explication d’ordre technique visant à démontrer à quel point les difficultés rencontrées par les habitants n’étaient pas de son ressort, mais des équipes de sous-traitants. « Mon infrastructure est trop souvent malmenée par des interventions qui ne sont pas réalisées dans les règles de l’art », a-t-il précisé tout en soutenant que la remise en conformité réalisée cet été avait permis une nette amélioration du réseau. Une affirmation suscitant la désapprobation de la salle. Un participant : « Aujourd’hui, on est capable d’aller sur la lune mais on n’est pas capable de sécuriser une armoire ? »

VERS UN DÉPÔT DE PLAINTE COLLECTIVE ?

Si un audit complémentaire a été promis par l’opérateur afin d’intervenir sur les points de raccordements des immeubles où l’on constate un taux de panne anormal, cela n’a pas empêché le chaos de s’inviter. En effet, après plus de deux heures d’échanges, la réunion a viré à la foire d’empoigne, les habitants se levant les uns après les autres pour venir exprimer leur colère. « J’ai comptabilisé 283 jours de panne, sur 365… Et aucun geste commercial de la part de SFR ». « J’ai demandé une clé 4 G car je n’ai plus internet depuis 4 mois, on m’a dit que ce n’était pas possible ». « Nous payons tous les mois pour un service inexistant ! J’exige un engagement ce soir sur des contreparties. Ce n’est pas normal ». « Internet, ce n’est pas seulement Netflix. Aujourd’hui toutes les démarches administratives sont dématérialisées. Je travaille à Pôle Emploi et l’autre jour, des personnes sont venues en pleurant parce qu’elles n’ont pas pu s’actualiser et ont donc été radiées ».

Les élus présents ont consigné toutes les difficultés signalées par les participants avec l’identité et l’adresse de chacun. Une des habitante a suggéré de se constituer en groupe pour un dépôt de plainte collective afin d’interpeller l’ARCEP, le gendarme des Télécoms : « Il faut faire valoir nos droits ! ».

• M.B.

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