Rentrée scolaire : le nouveau pari de Macron

Alors que les établissements du primaire ont rouvert leurs portes lundi 26 avril après trois semaines d’arrêt, la France vient de franchir la barre symbolique des 6 000 malades admis en soin critique.

Les élèves du secondaire, eux, ont repris les chemins de l’école, en demi-jauge, ce lundi 3 mai.

Rentrée scolaire : le nouveau pari de Macron - Ville de Stains

En déplacement dans une école à Melun, en région parisienne, Emmanuel Macron, accompagné du ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, en a profité pour revenir sur le calendrier des prochaines réouvertures qui s’échelonneront de mi-mai à fin juin.

Mais avant de penser à siroter un petit noir en terrasse, il vaudrait mieux se pencher sur l’état de la circulation du virus et les moyens de sécuriser les écoles, dont le rôle en tant que vecteur de l’épidémie a longtemps été passé sous silence par le gouvernement.

Avec un protocole inchangé – un cas positif entraîne la fermeture de la classe – et une promesse de généralisation des tests salivaires ou des autotests, le gouvernement emprunte un chemin étroit en rouvrant les écoles malgré un niveau de circulation élevé. Alors que nos voisins européens commencent à relâcher la pression sur les restrictions, après un hiver confiné, la France poursuit sa trajectoire propre, où les décisions prises reposent aujourd’hui davantage sur des considérations politiques plutôt que sanitaires.

LE FIASCO DE L’ENSEIGNEMENT À DISTANCE

Plus d’un an après l’apparition du premier cas de Covid 19 en France, quelles leçons ont été tirées s’agissant de l’enseignement à distance ? Réponse : aucune. Les plateformes, telles que « ma classe à la maison », propulsée par le CNED, souffrent de dysfonctionnements majeurs, tandis que de nombreux élèves ne disposent tout simplement pas de l’équipement nécessaire, malgré les dons d’ordinateurs mis en place par la commune.

Dès lors, il devient primordial pour les élèves de retrouver le chemin de l’école après une année morcelée, source d’épuisement pour les professeurs et personnels éducatifs et d’inquiétude pour les parents d’élèves.

Malgré une situation épidémique préoccupante avec un niveau de contamination parmi les plus élevé en Europe, le gouvernement souhaite donc à tout prix maintenir les écoles ouvertes, mais sans y apporter les garanties nécessaires en allouant des moyens supplémentaires. Au grand dam de la communauté éducative.

3 QUESTIONS À MATHIEU DEFREL, ADJOINT À L’ÉDUCATION

Mathieu Defrel, adjoint à l'éducation

Dans quel état d’esprit êtes-vous à l’occasion de cette rentrée à haut risque ?

Nous sommes inquiets et attentifs, nous sommes dans le haut de la vague, l’épidémie circule activement. Le gouvernement annonce vouloir protéger les agents en première ligne mais nous sommes toujours dans l’expectative. Cette inquiétude est partagée par l’ensemble de la communauté éducative: les personnels, les enseignants, les parents d’élèves. Nous restons très vigilants, c’est une rentrée compliquée, source de stress pour les enfants.

Où en est-on concernant la vaccination ?

Sur la vaccination, tout est toujours très flou. Derrière les grandes annonces, on découvre bien souvent la complexité de la mise en œuvre des décisions. C’est très bien d’ouvrir des créneaux de vaccinations pour les enseignants de plus de 55 ans, mais si l’on souhaite maintenir les écoles ouvertes et offrir des conditions d’enseignements adéquats, il faut proposer la vaccination à tous les enseignants et personnels
éducatifs.

Quelles sont les mesures susceptibles de sécuriser les établissements scolaires ? Faut-il généraliser les tests salivaires et les auto-tests ?

Concernant les tests salivaires, cela donne une photographie à l’instant T mais pour que cela produise des effets, il faudrait les systématiser, or comme c’est piloté par l’Éducation nationale, nous n’avons pas la main. Nous avons besoin d’accompagnement, en remplaçant les enseignants absents, de débloquer des enveloppes supplémentaires pour aider les élèves dans le besoin. La réalité c’est que les enseignants sont touchés, les ATSEM sont touchés, nous avons de moins en moins de personnels disponibles, au détriment de la réussite éducative de nos élèves.

• M.B

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