Portrait – « Nous revendiquons notre droit à exister dans l’espace public »

Sabine, une jeune Stanoise de 23 ans, revient pour Stains Actu sur son engagement au sein de l’association Femmes unies et citoyennes du territoire qui œuvre pour l’égalité femme-homme.

Portrait - « Nous revendiquons notre droit à exister dans l’espace public » - Ville de Stains

Le tissu associatif stanois dense et composé d’une myriade de bénévoles qui œuvrent au quotidien à renforcer le lien social, fait la fierté de la ville. Pour permettre aux plus jeunes de s’engager auprès de ces structures, la ville a imaginé un dispositif, le Contrat local étudiant (CLE). En échange d’une bourse, des étudiants s’engagent auprès d’une association pendant un an. C’est à ce titre que Sabine a fait ses premiers
pas dans cet univers : « J’ai toujours voulu faire du bénévolat, le CLE m’a donné l’impulsion et l’opportunité dont j’avais besoin, confie t-elle. Se mettre au service des autres, c’est très gratifiant, cela permet de se décentrer et de lever le voile sur la réalité qui nous entoure ».

Au sein de son association Femmes unies et citoyennes du territoire (FUCT), Sabine « donne de son temps » dans divers domaines : secrétariat, trésorerie, édition de flyers… « On n’imagine pas à quel point cela peut être valorisant également sur le plan professionnel, en terme de compétences acquises notamment ». Active depuis 2017, l’association a pris une réelle envergure ces derniers mois à la faveur de la crise de la Covid-19. Distribution de kits d’hygiène et bien-être, ateliers lectures, théâtre, excursions, cercles de discussion, débats sur la place des femmes dans l’espace public retransmis en live sur Facebook, les bénévoles se sont démultipliés.

LIBÉRER LA PAROLE, SUSCITER LE DÉBAT

Alors que l’année universitaire écoulée s’est faite en grande partie en distanciel, Sabine a pu profiter des activités organisées par l’association pour maintenir du lien social. « Une de nos missions est de s’approprier notre territoire, devenir actrice de nos vies. C’est pourquoi, nous nous rencontrons le plus possible dans l’espace public à travers nos ateliers lecture ». Si l’occupation de l’espace public est importante, sortir du quartier afin d’élargir son champs des possibles est également primordial. Ainsi, plusieurs excursions ont été organisées, dont l’une à Berck-sur-mer. « Il était important de proposer des activités détente, alors que beaucoup d’entre nous n’ont pas la possibilité de partir en vacances ».

L’éducation populaire structurant les activités montées par l’association, Sabine confie avoir beaucoup appris sur le plan des politiques en faveur de l’égalité femme-homme. « Lors de nos rencontres, nous essayons de favoriser l’échange. Le but étant de libérer la parole, susciter le débat, se rendre compte que l’on est pas seule avec nos soucis »

« JE ME SENS EN DANGER DANS LA RUE »

Alors que ses études dans le tourisme s’achèvent et après de multiples expériences à l’étranger, Sabine a pu constater les avancées pour les droits des femmes en Europe, mais la situation demeure fragile et les progrès à réaliser immenses. À ce sujet, elle évoque sa peur de rentrer tard le soir chez elle : « Je ne me sens pas en sécurité dans la rue. Après 20 heures dans mon quartier, l’éclairage public est souvent défaillant donc je reste très vigilante. C’est pourquoi au sein de l’association, nous revendiquons notre droit à exister dans l’espace public ».

Pour cette nouvelle année, l’association souhaiterait poursuivre ses activités et toucher davantage les plus jeunes. À ce titre, Sabine aimerait que sa génération se mobilise encore plus : « Ce sont eux l’avenir, il est important qu’ils se mettent en mouvement ! ».

• M.B.

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