Portrait – L’art de se prendre au jeu…

Étudiant en Game Design et Programmation, Chakib Benssoum, Stanois de naissance, a de la suite dans les idées depuis qu’il a découvert l’univers des jeux vidéo à l’âge de six ans.

À 18 ans, il vient tout juste de créer sa société de création de jeux et fait partie d’un programme de mentorat soutenu par Ubisoft, le géant français du secteur.

Portrait - L’art de se prendre au jeu… - Ville de Stains

Danseur, gamer, futur designer de jeux vidéos, mais aussi entrepreneur… À seulement 18 ans, Chakib Benssoum a une vie qui semble se dérouler à 100 à l’heure. Mais, au bout d’une matinée de cours en distanciel, c’est un jeune homme posé qui nous raconte son itinéraire.
Lequel, l’a pour le moment conduit sur les bancs de l’ISART Digital, une école parisienne où le Stanois est en deuxième année d’un diplôme de Game Design et Programmation. « C’est beaucoup de lignes de code et de travail sur l’élaboration des règles du jeu , résume-t-il. Mais, j’évolue dans l’univers que j’ai choisi et je peux créer des choses, alors ça me va très bien… »

Ça lui va d’autant mieux que l’été dernier, il ignorait encore comment financer la suite de sa scolarité étalée sur quatre années : « La banque
venait de me refuser un prêt. J’étais un peu perdu… » Son salut viendra de l’obtention d’une Bourse-Jeu Vidéo accordée par l’association Loisirs Numériques. De quoi bénéficier d’un soutien financier mais aussi de l’accompagnement des équipes d’Ubisoft, le géant français des jeux vidéo. « Nous étions 180 à postuler à cette Bourse et finalement six sélectionnés, détaille le titulaire d’un bac Sciences et technologies de l’industrie et du développement durable. Pour moi et pour mes parents qui m’ont toujours soutenu, et je les en remercie, c’était un gros
ouf de soulagement. »

Créer des jeux vidéo est en effet une vocation précoce pour Chakib : « Dès le collège, je savais ce que je voulais faire », se souvient l’ex-élève du groupe scolaire Jean-Baptiste de La Salle à Saint-Denis. Et, c’est encore plus précocement que la passion de jouer l’a saisi. Enfin pas tout à fait… « Au début, se souvient-il, je devais avoir 6 ou 7 ans et je passais surtout beaucoup de temps à regarder mon grand frère Badr-Eddine jouer à la PlayStation… Il ne me laissait pas souvent faire ! »

L’EXPÉRIENCE DU STUDIO THÉÂTRE

À force de jouer les observateurs attentifs, il développe en tout cas « l’envie d’en savoir un peu plus sur la manière dont on fabrique les jeux. »

C’est d’ailleurs aussi en observant qu’il devient un danseur émérite, champion de France en 2019 du concours Just Dance, émanation du jeu vidéo basé sur l’art de la chorégraphie : « Je n’avais jamais dansé avant, mais j’ai appris petit à petit avec des amis. Au début, c’était juste un loisir, un moyen de bouger et puis je me suis pris au jeu, progressivement. »

Tant et si bien qu’il prendra la direction du Brésil et de Rio cette même année 2019 pour y disputer la finale mondiale de Just Dance dont il prendra la septième place.

Un pan de sa vie désormais entre parenthèses, tout comme les cours de théâtre-clown débutés adolescent au sein du Studio Théâtre de Stains. « Je n’ai plus trop le temps maintenant, mais c’était une bonne expérience, ça m’a permis d’apprendre à mieux contrôler mes émotions. »

Pas inutile pour se lancer dans le monde des affaires, car Chakib Benssoum vient tout juste de créer sa société de création de jeux Random Dudes afin de mieux démarcher les éditeurs susceptibles d’acheter sa première création, un jeu de réflexion mobile baptisé Stellar fixer.

« Mais, attention, précise-t-il très vite, je ne suis pas tout seul dans cette aventure ! Mes amis et associés rencontrés à l’école, Trystan, Théo et Thomas, permettent aussi à la société d’avancer ! »

Une toute jeune entreprise qu’il développe donc pendant ses heures d’alternance à l’ISART. Sans trop faire de plans sur la comète : « J’avance, j’espère réussir et devenir Tech artist, celui qui s’occupe de gérer les aspects techniques de la création artistique. Pour y arriver, la priorité, ce sera de finir mes études et pourquoi pas de voir, bientôt, notre jeu figurer sur le Play Store… »

• FRED LAURENT

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