Portrait – ‘‘Je suis heureux dans mon travail ’’

À 24 ans, Mohamed se sent épanoui dans son travail. Son métier, il l’a découvert et appris à l’Industreet. Une porte qu’il n’a jamais regrettée d’avoir poussée.

© Julien Ernst

« J’habite aux Prévoyants depuis que j’ai 2 ans. J’étais scolarisé à l’école Jean-Moulin, puis au collège Pablo-Neruda. Au lycée, faute de place à Utrillo, j’ai fait partie de ceux qui ont été envoyés à Saint-Ouen… J’ai obtenu le bac Covid, un STI2D en énergie et environnement, et j’avoue ne pas avoir beaucoup aimé l’école. Malgré tout, j’ai tenté l’université. Je suis parti à Rennes. C’était encore l’époque du Covid, » raconte Mohamed Idriss, 24 ans.

Une expérience rapidement compliquée par les confinements et l’isolement. « J’étais loin de ma famille, dans un logement où je n’avais quasiment pas le droit de sortir. J’ai raté mon année. Je me suis dit encore une fois : l’école, ce n’est pas pour moi ou que l’approche qu’elle avait avec moi n’était sûrement pas la bonne. »

Mais un jour sa grande sœur lui parle de ce qu’elle vient de lire dans le journal de sa ville Stains actu. « Elle savait que je cherchais une formation avec plus de pratique que de théorie. Ce centre de formation créé par la Fondation Total Énergies, installé dans notre ville, inauguré par Macron, vantait ce principe. » Mohamed se renseigne. Ce qu’il découvre l’intrigue : des formations accessibles sans diplôme, une large place accordée à la pratique et surtout la possibilité de découvrir plusieurs métiers avant de choisir. Le jeune homme pousse la porte de l’Industreet.

Et là, révélation. Lui, qui s’imaginait plutôt derrière un bureau, choisit un métier manuel. Pendant un an, il apprend, pratique, se trompe, recommence. Et surtout, il découvre une autre manière d’apprendre. « Pour moi, c’était la première fois que je me sentais vraiment valorisé dans un milieu professionnel. On me disait : “Tu es capable.” On me donnait le matériel et la possibilité d’apprendre. En échange, on me demandait seulement de la volonté. »

Une phrase de l’un de ses formateurs restera particulièrement ancrée : « Avec la volonté, tout est possible. »

LE LEADER EUROPÉEN DÉCIDE DE LE RECRUTER

Parmi les cinq formations proposées, Mohamed choisit les métiers liés aux bornes de recharge électrique. « En plus de l’enseignement, on nous proposait des modules sportifs, culturels, comment monter sa boîte, une ouverture sur le monde incroyable ! » Il fait son stage dans une entreprise qui décide de l’embaucher à la sortie de sa formation. Mohamed devient, en
un an, technicien dans le domaine des bornes de recharge, en réparation et mise en service.

Il apprend à travailler seul, à gérer ses interventions et à se déplacer sur de nombreux sites. Puis au bout d’un an, il se lance le défi de se mettre à son compte dans l’installation chez des particuliers. Mais le leader européen décide de le recruter. Le jeune homme rêvait d’aller chez eux et accepte.

Aujourd’hui, il intervient principalement en Île-de-France, mais aussi en Normandie, dans le nord et l’ouest de la France. Belgique, Pays-Bas, Espagne… Les déplacements font désormais partie de son quotidien. Et son métier lui plaît. Vraiment. « Je suis autonome, je travaille souvent seul, je suis dehors, je bouge. Je ne suis pas derrière un ordinateur toute la journée. » Jusqu’à cette petite phrase, spontanée, qui résume peut-être le mieux son parcours : « Parfois, après deux semaines de vacances, je me dis : je suis content de retourner travailler. »

STAINS ACTU LUI FAIT DÉCOUVRIR L’INDUSTREET

À terme, Mohamed aimerait se remettre à son compte et développer ses propres activités. Mais il prend le temps d’acquérir de l’expérience. Et lorsqu’il retourne à l’Industreet pour témoigner de son parcours auprès des jeunes, il le fait avec l’envie de transmettre ce qu’il a lui-même découvert. « Je porte le numéro 8 parmi les apprenants de l’Industreet », confie-t-il. Mardi prochain, il sera à la célébration des 5 ans de L’Industreet et de la 750e certification.

« Je pense que beaucoup de jeunes ont peur de sortir du parcours scolaire classique parce qu’ils ont peur de l’inconnu. Mais il faut au moins aller se renseigner. On a vraiment de la chance d’avoir ce centre dans notre ville. » « Pourtant, si ma soeur n’avait pas lu cet article dans Stains actu, je n’aurais probablement jamais découvert ce domaine. » Aujourd’hui, il mesure le chemin parcouru.

« On peut avoir du mal à l’école et réussir autrement. Il faut simplement parfois qu’on nous montre qu’il existe d’autres chemins. Aujourd’hui, je suis heureux dans mon travail. »

  • CAROLE SAPIA

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