Nos jeunes ont du talent – Le monde du cinéma s’invite à l’école contre le harcèlement

Un projet audacieux impliquant des classes de différentes écoles se tient actuellement en ville : la réalisation de deux courts-métrages sur le thème du harcèlement dans lequel les élèves s’occupent de toute la production.

© Julien Ernst

Il est un univers fait de strass et de paillettes que l’on n’imaginait guère retrouver dans nos cours d’écoles. Et pourtant, c’est ce qui est arrivé aux élèves de CM2 de l’école Joliot-Curie, plongés dans la peau de cinéastes le temps d’une semaine.

Au programme : la réalisation de A à Z, d’un court-métrage d’une dizaine de minutes sur le thème du harcèlement.

C’est ainsi qu’Élina, Dekra, Liam, Tyron, Leandro, Lamine, Fatime et leurs camarades se sont retrouvés respectivement chef-opérateur, directeur de la photographie, preneur de son, acteurs ou encore « clapeur ». « C’est pour marquer le départ d’une scène », nous explique Elina.

« ALLEZ, JOUEZ ! »

D’un enthousiasme débordant malgré le froid glacial, les élèves se sont prêtés au jeu avec sérieux. Mené de main de maître par Harun, acteur et réalisateur stanois, le plateau pouvait ressembler de loin à un « joyeux bordel » mais chacun était en réalité assigné à un poste.

Tyron, reflex entre les mains, circulait entre les groupes, fixant de son objectif les images du futur bêtisier alors qu’Harun donnait les dernières consignes « Tous les techniciens, par là-bas ! », « Tous ceux qui portent un cartable, sur le terrain ! »

© Julien Ernst

Après avoir montré les rudiments du cadrage et de la colorimétrie au directeur de la photographie et la marche à suivre à la réalisatrice, le tournage pouvait débuter « Allez, jouez ! »

SENSIBILISER AU HARCÈLEMENT SCOLAIRE

Ce projet mené par le service Enfance et la mission Égalité, entend sensibiliser les plus jeunes au fléau du harcèlement scolaire qui a récemment coûté la vie au jeune Lucas (13 ans), victime d’homophobie.

Après une journée du 10 décembre durant laquelle les élèves ont pu entendre des témoignages de victimes, ce court-métrage poursuit cette démarche de sensibilisation en plaçant cette fois les jeunes en tant que protagonistes.

© Julien Ernst

En interprétant le rôle de harceleurs dans le cadre d’un univers fictionnel, ils sont en effet davantage en capacité d’interroger ce type de comportement, d’en comprendre les ressorts et d’apprendre à les repérer.

Après cette semaine de tournage, ce sera au tour des CM1/CM2 de Guillaume-Apollinaire de prendre en main la caméra avant une projection prévue mi-mars dans le cadre du mois de l’Égalité.

• MEHDI BOUDARENE

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