Marchands de sommeil – Stains ne se laisse pas faire

Permis de louer obligatoires, contrôles de sécurité et de salubrité, interventions de la police municipale dans les conflits, suivis des procédures judiciaires…

Les marchands de sommeil ne sont pas les bienvenus à Stains.

Marchands de sommeil - Stains ne se laisse pas faire - Ville de Stains

Depuis plusieurs semaines, Marieme et ses deux enfants disent subir un acharnement du propriétaire qui leur loue un 16 m2 boulevard Maxime-Gorki. « Un jour je suis rentrée du travail, il n’y avait plus un meuble, plus un habit, plus rien dans mon appartement. Il était complétement vide ! », raconte cette maman la gorge nouée.

La Stanoise ose pousser quelques portes et une solidarité incroyable se met en place. L’humanité existe encore malgré tout ce qu’on peut entendre en boucle dans les médias ces derniers temps. Preuve en est. Après trois jours à dormir avec les mêmes vêtements sur le sol, elle pourra, quelques heures après avoir lancé l’alerte, changer ses enfants de 4 et 14 ans, remplir les cartables, les faire dormir sur un matelas
et dans des couvertures chaudes et douillettes.

UNE ENQUÊTE EST EN COURS

Mais quelques jours plus tard, « c’est la porte d’entrée qui a été carrément enlevée, l’électricité et l’eau coupées (un arrêté d’urgence pour les rétablir a été pris par la ville et la préfecture) ». Après qu’une association locale ait pu remplacer la porte pour sécuriser cette famille terrorisée, et alors que la maman est dans le logement, de la colle a été mise dans la serrure. La police l’a constaté. Elle était enfermée de force dans le logement pour lequel elle a un bail et aucun impayé. « J’ai porté plainte à chaque incident », Marieme a un dossier bien rempli qu’elle continue d’alimenter avec tous les dispositifs qui existent.

Un combat difficile dans lequel il faut faire preuve de beaucoup de courage. Cette histoire, qui a provoqué un rassemblement d’associations et d’élus de la municipalité au Globe mercredi dernier, est sous le coup d’une enquête policière suite aux plaintes. Entre chaque
intervention au mégaphone des manifestants, des slogans poignants sur ces problématiques de logements et de marchands de sommeil ont retenti. Personne ne pouvait rester insensible.

UNE MUNICIPALITÉ MOBILISÉE

Surtout pas les élus de la municipalité présents ce jour-là. Gery Dykoka, adjoint au maire délégué au logement, a pris la parole et réaffirmé la ferme volonté de « lutter pour le respect et la dignité de chaque Stanois en proie aux pratiques de marchands de sommeil et pour le droit au logement pour tous. »

Pour aller dans ce sens, le Conseil municipal a voté jeudi dernier, la prolongation de la délégation de compétence de Plaine Commune du
« permis de louer » à la ville afin de contrôler la conformité des nouvelles mises en location. En effet, depuis janvier 2020, les propriétaires, hors bailleurs sociaux, qui veulent louer un bien sur la ville, sont dans l’obligation d’obtenir un « permis de louer ».

À ce propos, le service communal d’Hygiène et Sécurité encourage les locataires stanois qui ont un bail signé après le 1er janvier 2020 à demander à consulter le permis de louer auprès du propriétaire. « Dans le cas de refus, il faut nous contacter à hygiène@stains.fr, nous vérifierons et s’il y a manquement de cette procédure obligatoire, nous interviendrons ».

Ce service municipal assure également des visites de contrôle de salubrité et de sécurité en lien avec l’Agence régionale de santé. La Maison du droit et de la médiation, elle aussi municipale, peut recevoir sur des questions juridiques liées à cette problématique.

À savoir également : un encadrement des loyers sur tout le territoire de Plaine Commune, est fixé. L’Adil peut répondre aux questions sur ce sujet au 01 48 51 17 45. Quant aux divisions pavillonnaires, des contrôles peuvent être effectués par l’Unité territoriale urbanisme de Plaine Commune joignable au 01 71 86 38 32.

• C.S.

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