L’épidémie a fait basculer plus d’un million de Français dans la pauvreté

Plusieurs études détaillant les effets socio-économiques de l’épidémie de coronavirus font état d’une forte augmentation de la pauvreté en France et dans le monde.

Si la menace de la deuxième vague occupe aujourd’hui les esprits, les effets socio-économiques induits par la crise sanitaire sont pourtant déjà bien visibles.

L’épidémie a fait basculer plus d’un million de Français dans la pauvreté - Ville de Stains

Plusieurs études publiées ces derniers jours révèlent un tableau peu reluisant : plus d’un million de personnes ont basculé dans la pauvreté depuis le début de l’épidémie, s’ajoutant aux 9,3 millions de pauvres en France. Les effets engendrés par la gestion de la crise sanitaire ont provoqué un séisme économique : 800 000 pertes d’emplois au deuxième semestre 2020, un taux de chômage à plus de 10%, une augmentation substantielle du nombre de bénéficiaires des minimas sociaux, de l’aide alimentaire… que les mesures mises en place par le gouvernement (fonds de solidarité élargi, exonération de cotisations sociales, chômage partiel) peinent à corriger.

L’EXTRÊME PAUVRETÉ DANS LE MONDE, EN BAISSE CONTINUE DEPUIS TRENTE ANS, VA ÉGALEMENT AUGMENTER

La semaine dernière, des associations (Médecins du monde, le Secours catholique, la Fondation Abbé Pierre…) ont alerté les pouvoirs publics sur cette situation. Un rendez-vous a été programmé par Matignon le 17 octobre coïncidant avec la Journée internationale pour l’éradication de la pauvreté. Les discussions porteront sur la revalorisation des minimas sociaux, notamment le revenu de solidarité active (RSA) et son ouverture aux moins de 26 ans.

Cependant, le gouvernement semble peu enclin à fléchir ses orientations en faveur de la demande plutôt que l’offre, comme en témoigne les arbitrages budgétaires du « plan de relance » (20 milliards de baisse d’impôts pour les entreprises).

De plus, selon un rapport de la Banque Mondiale, la crise liée à la Covid 19 va faire basculer, d’ici à la fin 2021, jusqu’à 150 millions de personnes dans le monde sous le seuil d’extrême pauvreté, fixé à 1,61 euros par jour. Avec une chute de l’économie mondiale qui devrait atteindre 4,4% en 2020 et la destruction attendue de 195 millions d’emplois au second semestre, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), les conséquences socio-économique de l’épidémie s’annoncent désastreuses.

La réponse politique devra donc se hisser à la hauteur de cette situation exceptionnelle sous peine d’un long et terrible déclassement de notre société.

• MEHDI BOUDARENE

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