Interview du Maire Azzédine Taïbi – ‘‘ Ensemble, nous pouvons relever tous ces défis ’’

Contexte économique et social, actions municipales… comme traditionnellement à la rentrée, Azzédine Taïbi, Maire de la ville, a répondu aux questions de Stains actu.

© Julien Ernst

Comment s’est déroulé l’été en ville ?

Plutôt bien et je pense que nous avons atteint nos objectifs. En effet, plus de 1000 enfants ont profité des séjours et des activités proposés par la ville. Certains d’entre eux partaient pour la première fois car nous leur avons donné priorité sur les séjours gratuits.

Les familles ont, elles aussi, bénéficié de nombreuses offres notamment par le biais des centres sociaux. Je pense également aux séniors qui ont eu une belle escapade au château de Villiers et cette journée guinguette au coeur des Jardins familiaux. Des cars ont également été mis à disposition des associations pour des sorties à la mer.

Les fêtes de quartiers, les activités sportives et la base de loisirs ont, quant à elles, permis à ceux qui n’ont pas eu la possibilité de partir de pouvoir profiter de l’été. Je tiens d’ailleurs à remercier et à saluer le travail des agents communaux qui ont œuvré tout l’été au service des Stanois. Une annonce, mais qui concernera l’été prochain : je souhaite le retour d’une grande fête de la ville.

Passons donc à la rentrée scolaire.

J’étais assez inquiet, mais cette rentrée scolaire s’est plutôt bien passée. Notre plus grande crainte a été la menace de fermeture d’une classe sur Joliot-Curie.

Mais la mobilisation des parents, que nous avons soutenue, a porté ses fruits et nous avons pu garder cette classe ouverte. Je serai toujours aux côtés des familles et des enseignants quand il s’agit de la réussite de nos enfants.

En témoigne ma présence auprès des personnels du lycée Maurice-Utrillo qui exigeaient le recrutement de CPE. Je resterai en tous cas très vigilant surtout dans cette période de politique de casse de l’école publique.

Quelle est votre réponse face à cette politique ?

Dans le cadre de nos compétences nous avons réalisé 2 millions d’euros de travaux dans nos écoles primaires, un investissement quasiment doublé en comparaison à l’année dernière. Et nous continuerons. Nous pouvons aussi nous féliciter de l’équipement en tableaux numériques dernière génération de toutes nos élémentaires.

La distribution des kits de rentrée pour tous les enfants des écoles de la ville, que nous avons adaptés à chaque niveau, a certainement soulagé de nombreuses familles. Sur ce sujet, je n’ai rien inventé, j’ai juste remis au goût du jour les politiques de solidarité qui faisaient la force de l’égalité au sein de l’école républicaine.

Nous avons également reconduit le dispositif d’aide aux devoirs, suite à la suppression de l’accompagnement éducatif de la part de l’État, et qui profite à 780 enfants.

Je pense également à la situation alarmante des AESH et aux enfants porteurs d’handicaps qu’ils accompagnent, révélée par un rapport du Défenseur des droits. À ce titre, je vais interpeller, à travers un courrier officiel, le ministre de l’Éducation nationale.

Vous avez lancé un recours contre l’État en 2019 pour mettre en lumière ce désengagement et les inégalités qui en découlent. Où en est cette procédure ?

Elle est toujours d’actualité et enfin, nous allons avoir une audience d’ici la fin de l’année selon notre avocat. C’est pourquoi dans les semaines à venir, je compte, avec mon équipe, organiser des évènements publics en invitant les parlementaires de la Seine Saint-Denis, tous élus sous l’étiquette Nupes qui n’ont pas loin de 150 sièges à l’Assemblée nationale, pour exiger l’égalité territoriale et républicaine qui est bafouée dans notre département notamment dans les domaines de l’Éducation, la Justice et la Sécurité. Par exemple, sur ce dernier, nous réclamons égalité avec autant de moyens pour la police nationale dans nos territoires qu’ailleurs.

Est-ce que, selon vous, la loi de finances qui va être débattue prochainement à l’Assemblée nationale peut encore aggraver cette situation ?

Oui. La politique de ce gouvernement, sous couvert de la crise, prévoit de réaliser 10 milliards d’euros d’économies sur les dotations aux collectivités. On va se prendre cela en pleine tête. Nous allons connaître la même situation qu’au début de mon premier mandat, en pire ! J’espère que l’on pourra compter sur les députés Nupes pour défendre les quartiers populaires. Le contexte social, économique et politique est grave.

Vous pensez à la hausse du prix de l’énergie par exemple ?

Oui. Cette politique d’austérité, qui cadenasse les services publics et les réduit à peau de chagrin, va creuser d’autant les inégalités dont souffrent notre territoire et nos populations. La guerre en Ukraine a bon dos. Ce sont les familles les plus fragiles mais aussi les classes moyennes qui vont en payer les frais. C’est pourquoi, j’ai pris la décision d’absorber cette hausse sans en répercuter les effets sur les Stanois.

Cela signifie-t-il que le prix du repas à la cantine ne va pas augmenter par exemple ?

En effet, il en est hors de question. Nous ne pouvons pas imposer cette double peine aux familles. La commune prendra en charge cette augmentation, alors que -je le rappelle- l’État menace de réduire les dotations aux collectivités. Nous estimons une hausse de 30% dans l’alimentaire pour le moment. Mais face à cette explosion des prix, à laquelle on peut d’ores et déjà ajouter celle des fluides énergétiques, je n’augmenterai pas les impôts et ne rognerai pas sur les prestations proposées aux familles.

D’autres sujets comme les projets structurants du développement de la ville sont à votre agenda, n’est-ce pas ?

Tout à fait. D’abord les transports, il y a eu une suspension dans les négociations, provoquée par la réserve électorale. Mais une série de rencontres sur cette question est programmée avec différents partenaires. Il y a aussi un véritable enjeu environnemental dans ce projet de sites propres et de transports performants, donc je ne lâcherai pas.

Tout comme pour la rénovation du quartier Lurçat-Boin ?

Exactement. Une échéance importante arrive dans quelques jours. Les projets Prêtresse et Clos Saint-Lazare, quant à eux, avancent bien (voir article pages 10 et 11). Les habitants sont d’ailleurs invités à participer à des rencontres et des ateliers.

De la même manière que vous les invitez à des « déambulations dans les quartiers » ?

J’ai en effet voulu relancer ces rencontres de proximité que l’on a suspendu depuis la crise Covid. Nous avons fixé 8 dates jusqu’au début des vacances d’automne (voir page 3) et nous reprendrons les cafés citoyens dans la foulée. Nous pourrons ainsi évoquer tous les sujets du quotidien, sur lesquels nous sommes en alerte constante. J’en profiterai également par exemple pour annoncer la création d’un service municipal de la Prévention et du Cadre de vie.

Quelques mots pour la fin ?

Malgré le contexte social, économique et écologique très préoccupant, je crois en notre bataille pour l’égalité et la dignité partout et pour tous. Ensemble, nous pouvons relever tous ces défis.

• PROPROS RECUEILLIS PAR ROCHDI HAOUES

DES CHIFFRES QUI EN DISENT LONG…

10 MILLIARDS D’EUROS : C’est la ponction dans les dotations aux collectivités qu’envisage le gouvernement.

0% d’augmentation des impôts sur la part ville.

8 dates auxquelles le maire ira à la rencontre des habitants.

3 projets de rénovation urbaine.

Voir aussi

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