Accès à internet – « L’État doit légiférer »

La libre concurrence dans des domaines tels que l’accès à Internet pose problème. Et pas seulement à Stains.

Des solutions ont été tentées dans d’autres villes sans véritables succès. Le maire, Azzédine Taïbi, est sorti de son champ de compétence légal en écrivant au secrétaire d’État délégué au numérique pour demander à légiférer et en finir avec cette énième inégalité dont la population souffre.

Accès à internet - « L’État doit légiférer » - Ville de Stains

« Je n’en peux plus. 20 jours sans internet ». « Je suis en colère, 10 jours que mon opérateur ne réagit pas». « Je voulais aider mon petit-fils à faire ses devoirs sur pronote aujourd’hui, et bien, encore une fois, ce ne sera pas possible ! » Les témoignages sont nombreux et proviennent de tous les quartiers sans exception.

Aujourd’hui et encore plus en ces temps de crise sanitaire et de télétravail, l’accès à Internet est primordial. Mais voilà, l’Etat a décidé de le confier entièrement à des opérateurs privés, laissant chaque Français en proie à la libre concurrence. Ce sont SFR et Orange qui ont déployé la fibre dans le pays. Ils louent ensuite leurs armoires à d’autres opérateurs auprès de qui un client s’abonne. À Stains, c’est SFR qui est l’unique délégataire.

Plaine Commune et la ville n’ont aucune compétence légale sur ces dossiers, répète sans cesse Jean-Claude De Souza, conseiller municipal délégué à la lutte contre la fracture numérique. Néanmoins, nous avons décidé pour répondre à la détresse des Stanois de créer un comité
de pilotage avec SFR. Mais ce n’est pas pour autant que cela nous donne un quelconque pouvoir. Juste un droit de regard. Ouvrir des discussions ».

Aujourd’hui, 93% des ménages stanois sont éligibles. « Les 6% restants sont des logements qui ne sont pas aux normes ou dont les bailleurs ne répondent pas, mais que nous relançons, nous en mairie, comme pour le 21 rue Jean-Ferrat cette semaine par exemple, ou refusent. Nous avons aussi 201 adresses qui ont refusé ». Un déploiement qui se déroule plutôt bien donc.

IL Y A ASSEZ DE PLACE DANS LES ARMOIRES

Le problème des coupures incessantes et parfois longues vient d’ailleurs selon de nombreux témoignages. « Dans les armoires où tous les opérateurs peuvent louer des espaces, il y a assez de place et même une marge de 30 % supplémentaire, » affirme-t-on en mairie. Des opérateurs ne prendraient tout simplement pas le temps de démonter les plateaux arrière et débranchent des clients de concurrents. Ou ces armoires sont vandalisées pour vols. Ce qui est interdit.

LE MAIRE ÉCRIT AU SECRÉTAIRE D’ETAT

Ces problèmes existent dans de nombreuses villes. Dans ces affaires entre opérateurs privés et particuliers, difficile d’intervenir pour le
politique. Pour le maire de Stains, Azzédine Taïbi, il n’y aurait qu’une seule vraie solution : légiférer. C’est dans ce sens qu’il a écrit au secrétaire d’État en charge du numérique. Affaire à suivre.

• C.S

Infos pratiques : à la Maison du droit et de la médiation situé au 25 avenue Paul-Vaillant-Couturier, des permanences « droit à la consommation » sont proposées par ce service municipal.

3 QUESTIONS À JEAN-CLAUDE DE SOUZA, CONSEILLER MUNICIPAL DÉLEGUÉ À LA LUTTE CONTRE LA FRACTURE NUMERIQUE

De nombreux Stanois se plaignent de dysfonctionnements de la fibre sur la ville. Que peut faire la municipalité ?

Malheureusement pas grand-chose. Ni Plaine Commune d’ailleurs. Bien que nous ne restions pas les bras ballants. Il n’y a pas de contrats entre SFR et nous. Aujourd’hui dans les armoires, il y a assez de place et même 30 % de plus.

Nous sommes juste victimes, nous les Stanois, mais ces comportements se vérifient dans de nombreuses autres villes, d’opérateurs qui ne prennent pas le temps de démonter les plateaux arrière en débranchant des clients de concurrents, ou de vandalisme. Ce sont des affaires d’opérateurs privés à particuliers dans lesquelles la mairie ne peut pas intervenir.

Mais devant ce sentiment d’injustice de nombreux Stanois, nous avons décidé avec le maire de mettre en place un comité de pilotage avec SFR et cherchons des solutions sur ce point. Si des
mobilisations citoyennes se mettent en place le maire, l’équipe municipale et moi seront les premiers à les soutenir. Mais aujourd’hui, la seule vraie solution serait de légiférer.

Est-ce pour cela que la délégation, dont vous avez la charge, a été créée ?

Non. Le maire souhaite une ville digitale et attractive. Cette délégation a cet objectif. Nous avons établi un état des lieux et élaboré un plan. Nous allons mettre en place un état civil digitalisé et développer des espaces numériques pour lutter contre la fracture numérique au pôle administratif Maurice-Thorez d’ici la fin de l’année, puis dans les Maisons pour tous. Avec des sessions de formation et d’accompagnement bien sûr.

D’autres projets sont à venir ?

Oui. Toutes les écoles vont être dotées de tableaux numériques d’ici la fin de l’année. Aujourd’hui, l’accès au digital est essentiel. Autre sujet : la vidéoprotection. Nous avons actuellement sur Stains 37 caméras. Nous allons en avoir 10 de plus et mettre en place la vidéo-verbalisation. Et nous travaillons au développement d’une application mobile ville.

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