Un projet innovant qui a du sens

Lundi dernier est un jour à marquer d’une pierre blanche. En effet, des officiels ont inauguré le centre d’hébergement, de la rue du Moutier dans le quartier de La Cerisaie, pour des familles vivant en bidonville. Dans quelques jours, les premiers emménagements auront lieu.

«Je suis pressée de m’y installer avec mon mari et mes quatre enfants ». Elena, des yeux très noirs et pétillants à souhait, sera l’une des premières à emménager dans le centre d’hébergement de stabilisation du dispositif d’insertion Mesnil. Ana, sa petite fille de 4 ans, sourit et s’amuse au milieu du parterre d’invités pendant l’inauguration de ce site visant à la résorption des campements illicites et des bidonvilles en Île-de-France, dont ceux de Stains (NDLR. Il est prévu que chaque famille logée verra son cabanon au sein du bidonville démantelé).

Ses frères sont, eux, à l’école. Tous les enfants de cette famille sont scolarisés et pratiquent même une activité sportive sur la ville. « Mon mari a trouvé un emploi. Quand on pourra tous vivre dans de meilleures conditions, moi aussi je vais suivre un accompagnement d’insertion », Elena ne cache pas son impatience de poser ses affaires dans l’un de ces 30 logements au bardage acier rouge et en ossature bois. Son objectif, comme les 42 autres familles suivies actuellement par l’association Les Enfants du Canal : recommencer une vie digne.

 

Inauguration centre d'hébergement "Le Mesnil" - Ville de Stains

© Julien Ernst

DISCOURS AUX MOTS FORTS

Le chef du projet, le maire et le sous-préfet chargé de la résorption des bidonvilles ont, tour à tour, pris la parole en employant des mots lourds de sens. Michael Jacques, chef de projet, après avoir décrit et expliqué le dispositif d’insertion Mesnil a conclu sur « notre combat est celui du droit au logement pour tous ». Azzédine Taïbi, le maire, a, lui, rappelé l’attachement de la ville à « la dignité humaine, à la justice
sociale et aux valeurs de la fraternité. » Puis insister, « si nous avons réussi à le faire à Stains, il est possible de le faire ailleurs et de résorber ces bidonvilles. » Le centre se trouve sur une parcelle mise à disposition par la ville qui demande une contrepartie, celle de voir disparaître les campements illicites notamment sur les Jardins familiaux en pleine requalification, afin de valoriser ce patrimoine.

Le sous-préfet souligne implicitement ce courage politique en saluant le partenariat entre les différents intervenants en concluant « même si c’est compliqué, c’est un pari réussi pour incarner les valeurs de la République et avancer dans la cohésion sociale de nos territoires
». Ce dispositif est prévu pour 6 ans avec une clause pouvant y mettre fin si toutes les conditions ne sont pas honorées au bout de 3 ans. Stains actu reviendra sur ce sujet dès que les familles seront installées.

 

NOAH GUGLIELMINI & CAROLE SAPIA

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